TEMOIGNAGES DES ETUDIANTS ET DOCTORANTS FULBRIGHT, 2010-2011
Etudiant Fulbright 2010-2011
Institution d'accueil aux Etats-Unis : Columbia University
Discipline : Relations Internationales
![]() |
| Nicolas Brien |
"Il ne fait pas bon d’être européen et étudiant en politique économique ou en finance aux Etats-Unis en ce moment. Pas un jour ne passe pas sans une allusion à la crise de la dette grecque, à la banqueroute des banques irlandaises et autres problèmes économiques insolubles qu’affrontent les Etats européens en cette période de crise économique. Alors que ces conversations n’auraient même pas leur place à une table de petit déjeuner européenne, le milieu financier américain en général et new yorkais en particulier en est comme obsédé. Les Américains, qui ont toujours affiché leur scepticisme face à la construction européenne, voient les actuelles difficultés des Etats européens comme la preuve que leur pronostic de 2000 était le bon: l’euro est une utopie, la monnaie unique est vouée à l’échec.
Dur. Ce qui m’apparaissait comme une évidence tous les jours dans mon porte-monnaie est tout à coup rudement mise à l’épreuve par le scepticisme anglo-saxon, qui clairement a du mal à comprendre les complexités d’un modèle européen sans cesse en cours d’ajustements. Mais c’est aussi cela l’expérience Fulbright : confronter ses certitudes à celles des autres, et faire naitre le débat. Et du débat nait la réflexion. Un soir, après de nombreux débats houleux dans les bars étudiants du Lower East Side, j’ai décidé de prendre la plume et de trouver ma propre solution à la crise de la dette européenne. 750 petits mots sont sortis, le résultat était bien prétentieux et bien approximatif mais je me suis dit que malgré tout cela valait le coup de le faire lire à mes connaissances. Qui apparemment ont décidé de le faire lire à leurs connaissances, et ainsi de suite, puisqu’un jour je reçois un email du quotidien économique La Tribune, qui me propose de publier l’article. Merci Fulbright…"
Lien vers l’article : http://www.latribune.fr/opinions/20110128trib000596632/des-brady-bonds-aux-juncker-bonds.html
Pour revenir aux témoignages : cliquez ici
Etudiant Fulbright 2010-2011
Institution d'accueil aux Etats-Unis : Arizona State University
Discipline : Journalism
![]() |
| Bastien Inzaurralde |
Je viens de terminer mon second semestre à la Walter Cronkite School of Journalism and Mass Communication, à Phoenix. Il me reste encore un dernier semestre avant d’obtenir mon diplôme, mais je sais déjà que l’experience et les savoirs que j’ai acquis ici en Arizona seront très précieux pour le futur. Je poursuis une formation de reportage multimédia et je m’intéresse en particulier à la minorité hispanique. L’Arizona est un état frontalier du Mexique. C’est aussi la région des Etats-Unis où le débat sur l’immigration est le plus intense. Pour dire les choses autrement, c’est un endroit qui occupe beaucoup les journalistes. La Commission Fulbright m’a permis non seulement de venir observer ce débat sur l’immigration sur place, mais également d’apprendre mon métier auprès de grands journalistes américains qui enseignent à Phoenix, notamment l’ancien rédacteur en chef du Washington Post.
Pour revenir aux témoignages : cliquez ici
Etudiant Fulbright 2010-2011
Institution d'accueil aux Etats-Unis : San Francisco Conservatory of Music
Discipline : Music
![]() |
| Laure Struber |
Je viens d'achever mon second semestre au Conservatoire de musique de San Francisco, en piano performance avec Mr McCray. Seule pianiste européenne au milieu d'une majorité de virtuoses asiatiques qui ont un tout autre rapport au travail, j'ai eu très vite à tenter de trouver une alchimie constructive entre ce que je pouvais apporter de ma culture, et à ce que mon environnement pouvait inspirer. Je culpabilisais dès lors quand je disais à mes collègues pianistes que telle après midi, je préfèrerais lire l'auteur préféré de Schumann au bord du Pacifique ou aller contempler un Rothko au Musée d'Art Moderne, non sans avoir fait une longue marche dans une ville tellement surprenante et diverse de cultures, plutôt que de passer 5 heures à converser face à un mastodonte noir et blanc (j'ai nommé le piano moderne). Mais mes premières semaines à San Francisco n'ont fait que confirmer que faire de la musique, en plus d'heures et d'heures de travail quotidien et très solitaire avec l'instrument demande une grande disponibilité aux autres, et une compréhension profonde, et aussi vaste que l'est le monde musical, de la vie. Dans l'idéal ! Car ce n'est pas une mince affaire qu'accorder sagesse et enthousiasme, tous deux suggérés par la musique.
J'ai été en plus de mes cours et coachings, acceptée dans un programme intitulé le "music to go", qui me permet de jouer en dehors du contexte du conservatoire pour des particuliers lors de toutes sortes d'évènements. Et une partie de ce programme consiste en interventions bénévoles pour des hôpitaux, des maisons de retraite, foyers de SDF, etc... Un jour, par exemple, j'ai été envoyée jouer pour des personnes en fin de vie, immobilisées dans leurs fauteuils. A mesure que la musique arrivait à eux, je les voyais s'animer et pour certains essayer de chanter... Ces interventions sont essentielles dans la mesure où elles me confrontent à une toute autre réalité, loin du conservatoire-cocon où je me trouve plutôt très gâtée, imbibée de musique et entourée de musiciens investis avec qui j'ai l'opportunité de me produire dans des halls superbes. Il s'avère que le campus du conservatoire est une ville incroyablement humaine, regorgeant de tableaux humains entrant inévitablement en résonance avec les idées et palettes d'expression contenues dans une oeuvre musicale. Et vice versa, car de ce côté du globe également, la musique est communication et révélation. Si sobrement présente et évidente que certains pourraient encore la qualifier de facultative dans un monde avant tout préoccupé par les maux qu'il crée. Et pourtant... "L'art est une petite musique pour faire danser la vie comme faire de la dentelle au crochet" (Céline). Au moins ça.
Pour revenir aux témoignages : cliquez ici


